31.

 

La rue avait retrouvé son calme. L’homme avait disparu dans cette étrange maison et Sara Helander n’avait pas croisé Kurt Bielke.

La nuit était déjà avancée. Sara voyait les lumières du dernier ferry de la journée en provenance du Danemark, qui gagnait le quai, de l’autre côté du fleuve.

Halders sortit de la voiture.

— Qu’est-ce que tu vas faire ? lui demanda-t-elle à voix basse.

— Jeter un coup d’œil à cet endroit.

— Il n’est peut-être pas très sûr.

— Je ne suis pas très sûr de moi non plus.

— Tu veux que j’appelle le P.C. ?

— Non, bon sang. Je te dis que je vais simplement jeter un coup d’œil.

— Pas de bêtises, Fredrik. Je t’appelle sur ton portable dans vingt minutes. Mets le vibreur.

— Non, c’est moi qui t’appellerai, dit-il. Si tu le fais et que je ne puisse pas te répondre, j’éteindrai l’appareil pour que tu saches que tout va bien.

— Dans vingt minutes.

Il s’éloigna en silence, sans répondre. Elle ne le vit pas traverser la rue mais, peu après, elle crut discerner une silhouette, dans le jardin, à l’arrière de la maison.

Halders se tenait sous l’un des arbres, à une dizaine de mètres de la maison. Malgré les deux fenêtres éclairées, il ne voyait personne et n’entendait pas le moindre bruit.

Et maintenant ?

Il n’y avait pas de porte, sur l’arrière du bâtiment, pas plus que de descente de cave. Cela aurait été trop simple.

Il traversa la pelouse d’un pas rapide. Les deux fenêtres de gauche étaient plongées dans l’obscurité. D’un modèle assez ancien, à double vitrage, elles paraissaient fermées, mais il nota que celle qui était la plus à gauche était en fait légèrement entrouverte. Sans doute était-elle sur espagnolette, bien qu’il ne pût apercevoir celle-ci. Il sortit de sa poche une baguette qu’il avait gardée lors de sa dernière visite dans un restaurant chinois et la glissa de façon à pouvoir la soulever. Il y parvint, non sans mal, car la fenêtre était presque à deux mètres au-dessus du sol.

Puis il regarda autour de lui. À quelques mètres sur sa gauche il y avait une barrique destinée à recueillir l’eau de pluie. Il alla la soupeser et se réjouit qu’il ait si peu plu ces derniers temps. Ainsi, elle était assez légère pour qu’il puisse la déplacer jusque sous la fenêtre.

Puis il monta dessus et regarda dans la pièce. Malgré la pénombre qui y régnait, il distingua le contour de quelques meubles et une porte d’un blanc grisâtre, à l’extrémité la plus éloignée. Mais pas âme qui vive.

Il se hissa à l’intérieur et regarda aussitôt derrière lui. Personne ne surgit sur ses talons en braquant vers lui une mitraillette. Personne ne pénétra brusquement dans la pièce par la porte, non plus.

Il n’entendait que les bruits habituels de la nuit.

Et maintenant ?

Il alla coller l’oreille à la porte. Silence complet à l’exception d’un bourdonnement confus, quelque part, peut-être de la musique. Remarquant qu’aucune lumière ne filtrait sous la porte, il décida de l’ouvrir.

Il se retrouva dans une entrée déserte sur laquelle s’ouvraient d’autres portes. On dirait une poupée russe, pensa-t-il. Une porte derrière une porte, elle-même derrière une autre porte. Ça vous permet d’entrer, mais pas de sortir.

Il vit de la lumière derrière celle située sur sa droite et un rai plus discret sous celle de gauche, comme si elle venait de plus loin. Il alla rapidement tâter la poignée, ouvrit lentement et se retrouva en haut d’un escalier éclairé.

Sara Helander attendait le retour de Halders, cette espèce d’idiot, d’un moment à l’autre.

C’était pourtant moi qui devais tenir le rôle principal, songea-t-elle. C’est moi qui ai trouvé la maison, c’était donc à moi d’aller voir ce qui s’y passe.

Une voiture arriva derrière elle. Elle l’entendit mais ne la vit que lorsqu’elle l’eut dépassée et se fut garée devant la maison. Elle eut la chair de poule en constatant qu’elle circulait tous feux éteints. Et si ses occupants s’étaient aperçus de sa présence ?

Tout d’abord, personne ne descendit. Elle se fit toute petite, mais eut cependant le temps de distinguer, sur le siège avant, une silhouette dont le bras formait un angle – la personne parlait peut-être dans un téléphone portable. Pour avertir qu’il y avait quelqu’un dans une voiture garée non loin de là ?

Cela commence à devenir dangereux, se dit-elle. Plus qu’on ne le croyait. J’appelle Halders dès que possible. De toute façon, les vingt minutes sont déjà écoulées.

Halders descendit l’escalier à pas de velours, en ayant l’impression d’être en train de jouer dans un film, car il n’était pas dans ses habitudes d’être aussi discret. Quand l’avait-il fait pour la dernière fois ? Parvenu sur la quatrième marche, il pensa soudain à ses enfants et revit Margareta. Je suis en train de revivre ma vie passée, se dit-il, est-ce que ça signifie que je vais mourir ? Bah, nous sommes tous sur le point de trépasser, à un degré ou à un autre. Est-ce que j’ai peur ? Non. J’ai mon SigSauer sur moi et je me sens fort. N’empêche que je suis plutôt stupide de m’introduire dans cette maison. Il y a une femme que j’aime, je crois. Elle est noire, mais elle est peut-être capable d’éclairer ma vie.

Il était maintenant au sous-sol, devant une nouvelle porte de la série, fermée elle aussi. Bien qu’elle fût située à dix mètres de lui, il pouvait la gagner sans projeter d’ombre décelable. Il entendit alors de la musique, sous la forme d’un air débile datant des années 70, et vit une ombre. Le son se renforçait au fur et à mesure qu’il approchait de la porte. Une fois devant celle-ci, il constata qu’elle donnait sur un nouveau couloir, assez étroit, et que quelqu’un bougeait derrière elle. Il sortit son arme, dont il sentit la présence rassurante, malgré sa froideur, dans sa main. Où suis-je en train de mettre les pieds ? se demanda-t-il. Il entendit alors une voix de femme, puis celle d’un homme qui appelait, ou plutôt qui criait. Non, en fait elle sanglotait, maintenant. Mon Dieu, cette voix montait et descendait et cette musique débile rebondissait sur les parois de ce couloir de brique qui paraissait de plus en plus étroit au fur et à mesure qu’il l’enfilait. C’est alors qu’il vit la femme qui bougeait en rythme. Uniquement vêtue d’un string, elle mâchait du chewing-gum, l’air de penser à autre chose. Halders approcha. Une paroi de verre la séparait d’un homme nu, à quatre pattes, qui hurlait à la lune avec une laisse autour du cou. C’était Kurt Bielke. Il regardait autour de lui sans rien voir, mais Halders ne put manquer, lui, de remarquer que son corps était secoué de spasmes, comme celui d’un fanatique religieux en pleine extase, et qu’il se balançait d’avant en arrière. Je vais lui tirer une balle entre les yeux, à ce salaud, pensa Halders, avant d’estimer qu’il en avait assez vu pour cette fois et de reculer d’un pas puis de deux. Il eut le temps de percevoir le coup avant qu’il ne l’atteigne, de le voir avec les yeux de sa nuque, comme au ralenti et comme si tout était déjà terminé avant qu’il n’écrase son crâne.

Un chien se mit à aboyer, de l’autre côté de la rue, mais se tut brusquement, comme sous l’effet d’un coup. Winter descendit de voiture et traversa la rue, en short et en chemise. Celle-ci le bridait quelque peu. Il venait de s’entretenir au téléphone avec Angela, qui avait eu une voix monocorde. Le lendemain, ils essaieraient d’aller au bord de la mer, au cours de la soirée. Il fallait seulement qu’il dorme un peu d’abord, mais il ne savait pas quand ce serait possible. « Il fait trop chaud dans l’appartement », avait-elle soupiré. En fait, elle voulait dire : une maison serait plus fraîche. Enfin, tout cela ne tarderait pas à ne plus être qu’un souvenir et un tel été ne risquait pas de se reproduire avant le prochain millénaire. Ils seraient bien vieux, alors, que ce soit en appartement ou dans une maison.

La porte d’entrée était ouverte, ainsi que toutes les fenêtres qu’il voyait. Comme d’habitude, Benny Vennerhag était à l’arrière de la maison, près de la piscine, dont l’eau était noire. Il se retourna.

— Si tu veux prendre un bain de minuit, te gêne pas.

Pourquoi pas ?

Ensuite, il s’essuya à l’aide de la serviette de bain que Vennerhag lui apportait et enfila son short sans se donner la peine de passer son slip, qu’il glissa dans sa chemise, car il n’avait pas l’intention de la remettre ce soir-là.

— Tu veux que je te prête une liquette ?

Winter secoua la tête.

— C’était bon ?

Cette fois, il la hocha.

— Une bière ?

— Volontiers.

Vennerhag se leva péniblement et pénétra dans la maison d’un pas chancelant. Il en ressortit bientôt avec deux bières à la main, avant de s’asseoir lourdement.

— Tu es saoul ?

— Un peu.

Vennerhag ouvrit les bouteilles et en tendit une à Winter.

— Un petit dîner entre intimes, avec beaucoup de bonnes choses à boire, ajouta-t-il.

— Mais rien à manger ?

— De la cotriade, répondit Vennerhag en levant sa bouteille. Qu’est-ce que tu croyais, espèce de fichu snob ? Que je bouffais des œufs au bacon à tous les repas ?

— Je n’ai rien dit de ce genre.

Vennerhag but une nouvelle gorgée, bâilla et regarda Winter par-dessus le goulot de sa bouteille.

— Ça ne pouvait pas attendre jusqu’à demain ?

Un téléphone – à moins que ce ne fût plusieurs, car le bruit était très net – se mit à sonner, à l’intérieur de la maison. Winter regarda le portable de Vennerhag, posé sur la table en plastique, sous le parasol, mais il était éteint. Son propriétaire préférait ne pas prendre de risques inutiles en présence d’un commissaire de police.

— Il faut que je te demande de m’aider à en savoir plus sur le compte de ce jeune, dit Winter. Tu as de bonnes relations, au sein des Suédois issus de l’immigration ?

— Excellente expression !

— Tu préfères peut-être parler de bougnouls ?

— Oh non, je m’en tiens au politiquement correct, comme tout le monde.

— Il ne s’agit pas de ça. « Politiquement correct », c’est un terme péjoratif utilisé par les lâches pour dissimuler leur veulerie en l’appliquant à tous les autres.

— Bien entendu.

— Alors : tu peux ou tu peux pas ?

— La réponse est évidente, hein ?

Le téléphone sonna de nouveau à plusieurs reprises. Vennerhag ne bougea pas et se contenta de fixer du regard son portable, qui ne risquait pas d’émettre le moindre bruit, sans qu’on le touche. La sonnerie se répercutait avec tant de force à l’intérieur de la maison qu’on aurait dit le signal d’alarme d’une voiture. Vennerhag avait depuis longtemps renoncé à avoir un répondeur. Selon lui, cela valait mieux pour la santé.

— Tu ne réponds pas, Benny ?

— Pas aux imbéciles qui appellent à cette heure-là de la journée.

— Ils ont peut-être des choses importantes à dire.

— C’est aussi par égard pour mon visiteur.

Winter inclina la tête pour remercier.

— Tu as fini ton verre, au fait ?

— Autre délicate attention. Mais, en réalité, tu veux dire : fiche le camp, hein ?

— À ma façon, oui.

Le téléphone sonna à nouveau. Vennerhag regarda son visiteur, puis son portable. Ils commencent à s’impatienter, les imbéciles, pensa Winter en se levant.

— Il ne faut pas que je gâche tes coups, dit-il.

— C’est pas pour ça que je répondrai, dit Vennerhag.

— Je t’admire.

Winter traversa la maison maintenant silencieuse en sentant cette bonne odeur de cuisine qui s’attarde pendant des heures dans une maison.

Benny aurait-il kidnappé un chef de renom ?

En s’éloignant au volant de sa voiture, il entendit à nouveau, par les portes et les fenêtres, la sonnerie du téléphone.

Vennerhag resta assis près de la piscine, avec l’impression d’entendre la voiture de Winter filer dans la campagne avoisinante. Il finit de boire sa bière avant de tendre la main pour attraper son portable. Il trouva quatre messages dont il prit aussitôt connaissance. Ils avaient tous été passés par la même personne et étaient identiques. Il éprouva soudain une vague nausée.

La sonnerie retentit à nouveau dans la maison. Du coup, il se leva et y pénétra d’un pas mal assuré pour s’emparer du premier poste venu.

— Pourquoi est-ce que tu réponds pas, bon Dieu ?

— Je viens de prendre connaissance de ton message. Qu’est-ce qui se passe ?

— Le beau-père a disparu, répondit l’autre en langage codé.

Vennerhag avait toujours trouvé cela ridicule, mais il était difficile de faire autrement. Son domicile n’était pas sur écoutes, pas plus que sa ligne téléphonique, du moins pas de la part des flics. Sauf que n’importe qui peut se brancher sur une ligne traditionnelle, pour ne pas parler des portables.

— J’avais de la visite, figure-toi, dit-il.

— Bon, mais qu’est-ce qu’on fait pour le beau-père ?

— J’arrive. Chez maman ?

— Oui.

— Dans quelques minutes.

Johan Samic entendit le bruit que fit Vennerhag en raccrochant.

Sara Helander attendait toujours. Deux voitures arrivèrent et repartirent. Une autre s’arrêta un peu plus loin. Elle appela le portable de Halders sans obtenir de réponse. Et personne n’éteignit l’appareil.

Elle regarda sa montre. Un bon moment s’était écoulé. Fredrik était certes un imbécile, mais pas de cette façon-là.

Elle laissa passer quelques minutes. Un break roula près d’elle et tourna le coin de la rue, mais elle crut l’entendre poursuivre sa route par l’interstice de la vitre.

Il faisait très chaud à l’intérieur du véhicule ; ce n’était guère mieux à l’extérieur, cependant. Elle crut voir une ombre allongée à l’arrière de la maison. Les arbres étaient gris et noirs. Peut-être quelqu’un était-il en train de se déplacer, là-bas. Soudain, une mouette lança son cri. L’aube n’allait pas tarder maintenant, et bientôt elle ne pourrait plus voir la lumière aux fenêtres de la maison.

Combien de fois suis-je restée dans cette position ? se demanda-t-elle. Stake-outs. Cette fois, c’est différent et il faut qu’on file, le jour commence à pointer.

Soudain, elle sentit une vibration sur son sein gauche. Enfin.

— Alors, comment ça va ? demanda Winter.

— Oh, je croyais que c’était Fredrik.

— Il n’est pas là ?

— Non, il… s’est approché de la maison pour… voir un peu.

— Voir un peu quoi ?

Elle ne sut quoi répondre.

— Quand ça ? interrogea Winter d’une voix lasse, comme s’il se raclait les cordes vocales.

— Quand est-il parti ? répéta-t-elle pour s’assurer qu’elle avait bien compris.

À ce moment, une jeune femme sortit de la maison et monta à bord d’une voiture qui venait d’arriver à sa hauteur et repartit en faisant un demi-tour sur place. Sara se laissa glisser sur son siège.

— Sara ?

— Oui, j’ai seulement été obligée de me baisser. Euh… il y a environ une heure.

— Une heure ?!

— Fredrik sait ce qu’il fait. Et puis il y a pas vraiment une heure.

— Combien, alors ?

— Bon : une heure.

— Et il n’a pas donné de ses nouvelles ?

— Non. Je l’ai appelé à plusieurs reprises, mais je n’ai obtenu aucune réponse.

— J’arrive, dit Winter.

— Le jour ne va pas tarder.

— Je sais.

— Alors, je ne suis pas sûre que…

— Je m’en fiche. On y va. Reste dans la voiture, mais sans te cacher pour autant. Surveille les entrées et les sorties.

— Je n’arrête pas.

— Quand tu me verras me garer devant la maison, sors de la voiture.

Je voudrais que cela ne finisse jamais
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